L         A        U        R        E

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"Mes souvenirs de la forêt.
Ma grand-mère, polonaise, dans les forêts de Czestochowa, lorsqu'elle était enfant, vers 10 ans, traversait un bois pour aller travailler chez une famille bourgeoise.
Je me souviens de ses récits de peurs lorsqu'elle parcourait ces lieux : peurs du bruit du vent dans les branches, peurs du cri des animaux, peurs qu'elle s'inventait dans cette obscurité fraîche.
Cette forêt lui paraissait toute puissante, effrayante.
Et, pourtant, elle ressentait «faire corps» avec elle.
Mon grand-père, polonais, traversait lui aussi, régulièrement, les forêts proches de son village.
Et puis un jour est venu le besoin de s'enfuir, quittant famille et village.
La forêt devint son refuge, sa cachette, sa complice, sa bienveillante, celle qui saura le protéger.
Après d'haletantes péripéties, il arriva en France.
Mon grand-père, en France, travaillait dans une carrière de pierres située dans la forêt de Carnelle dans le Vexin.
Il rencontra ma grand-mère et ma mère naquit dans cette forêt.
Pour mon grand-père, la forêt fût un puits de vie.
Comme pour les Hindoux, les arbres ont une conscience, dotés de sensibilité.
Ils répondent à la règle des cycles des vies, des morts et des renaissances. C'est le Samsara.
Samsara signifie en sanskrit « ensemble de ce qui circule », d'où « transmigration ».
En tibétain samsara signifie « transition », « courant des renaissances successives ».
Dans le bouddhisme, il s'agit du cycle des existences, soumises à la souffrance, à l'attachement et à l'ignorance. Ces états sont conditionnés par le Karma.
Ce fût le cas de mon grand-père dans les forêts polonaises.
Dessiner ces arbres, ces sous-bois, comme si j'accompagnais mes grands parents dans ces lieux.
Dans chacun de mes dessins, je retrouve leurs présences, leurs regards, leurs sensibilités.
J'ai l'impression d'entendre leurs histoires, ma grand-mère enfant, mon grand-père adolescent, la naissance de ma mère.
Les arbres, géants bienveillants, regardent passer les hommes.
Ils ont regardé passer mes grands-parents, ma mère"…


En effet.
L'amazonie, les grandes forêts, les cycles de vie, les énergies fossiles.
Les forêts secrètes, les villages cachés, les recherches dissimulées.
La force des arbres, l'humidité, la vie omniprésente.
L'écho des bruits, l'étouffement des pas.
Les découvertes des bout de chemins.
Les clairièrres mémorielles, les chemins encaissés, les lieux de drâmes.
L'enchevêtrement des bois, de la vie, des ombres, de la lumière.
La raisonnance si particulière des vies.